L’ Académie des sciences morales et politiques tient à la dénomination  que lui ont léguée ses grands fondateurs, même si elle a perdu  aujourd’hui, pour la plupart des gens, la clarté qui était la sienne au XVIIIème siècle. Les sciences morales et politiques recouvrent le champ  de  ce qu’on appelle aujourd’hui les sciences humaines. L’Académie est,  à  ce titre, la plus ancienne institution consacrée entièrement à ces  sciences de l’homme. De même que les sciences physiques avaient commencé à expliquer la nature par des lois rationnelles, il s’agissait d’étudier l’homme d’un point de vue rationnel.

Comme l’exprimait Montesquieu dans la préface de l’Esprit des lois :

« J’ai d’abord examiné les hommes et j’ai cru que, dans cette infinie diversité de lois et de mœurs, ils n’étaient pas uniquement conduits par leurs fantaisies. J’ai posé les principes, et j’ai vu les cas particuliers s’y plier comme d’eux-mêmes; les histoires de toutes les nations n’en être que les suites; et chaque loi particulière liée avec une autre loi, ou dépendre d’une autre plus générale. Je n’ai point tiré mes principes de mes préjugés, mais de la nature des choses.»

En cela, le projet intellectuel des « sciences morales et politiques » est l’héritier direct de celui des Lumières, reformulé par les Idéologues du début du XIXème siècle. Par la connaissance des « moeurs » humaines, de leur contingence et de leur nécessité, il devenait possible de trouver les formes d’organisation politique les plus favorables au bien public et à l’épanouissement de l’individu.

L’Académie a, tout au long du XIXème et du XXème siècles, favorisé et accompagné le développement des sciences humaines, en intégrant peu à peu en son sein les disciplines nouvelles qui apparaissaient: géographie, sociologie, psychologie.

Pour plus d’information, rendez-vous sur leur site internet ici